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Actualités de la BD

non usagers 550Le Ministère de la Culture et de la Communication a publié une enquête quantitative sur la non-fréquentation et sur les non-usagers en bibliothèque. Cette enquête permet d'approfondir l'étude Publics et usages. Elle essaie de déterminer s'il est possible de dresser un profil-type des non-usagers. En voici quelques éléments...

60% de personnes n’ont pas fréquenté une bibliothèque au cours des 12 derniers mois. Ce sont autant d’hommes que de femmes, sans catégorie socio-professionnelle saillante et avec une répartition par revenus similaire à la répartition de la population française par revenu : les non-usagers sont divers et l’étude doit être complétée par l’analyse d’autres facteurs.

  • Les pratiques culturelles des non-usagers ? La grande majorité a des pratiques culturelles : 60% ont acheté un livre ou une BD dans l’année et 1/3 ont emprunté un livre ou une BD à leur entourage. On constate cependent que les non-usagers ne sont pas des lecteurs assidus.
  • L’importance de l’âge ? 72% des non-usagers ont + de 35 ans. Le non-usage augmente significativement avec l’âge puisque, si 22% des NU ont entre 35 et 49 ans, ce chiffre s’élève à 24% pour les personnes de 50 à 64 ans, et à 26% pour les 65 ans et +. Le facteur d’âge semble expliquer partiellement la part des non-usagers parmi les retraités et les personnes sans diplôme.
  • La disponibilité des équipements et la connaissance des services ? 88% des personnes interrogées résident dans une commune offrant l’accès à une bibliothèque municipale. Toutefois, la facilité d’accès à un service ne dépend pas seulement de sa présence : des éléments comme les horaires d’ouverture, la proximité des transports en commun ou la localisation exacte au sein de la commune ont leur importance.
  • Une faible connaissance de l’offre proposée par les bibliothèques ? les non-usagers sont très peu nombreux à connaitre l’offre des bibliothèques (65%). Le non-usage semble lié à un défaut de connaissance ou à un désintérêt vis-à-vis de ce qu’offrent les bibliothèques.
  • Des contacts indirects multiples ? 12% des non-usagers ont accès à une offre de bibliothèque par l’intermédiaire d’un proche, résultat à la hausse chez les jeunes (22% chez les 15-24 ans). La très grande majorité des non-usagers vivent en couple.

Conclusion partielle : ne pas utiliser les bibliothèques n’implique pas de les ignorer. La distinction entre l’usage et le non-usage semble plus poreuse qu’au premier abord.


La fréquentation des bibliothèques aujourd'hui, où en sommes-nous ?
Il est nécessaire de souligner la stabilisation de la fréquentation des bibliothèques. Ce phénomène souligne la pertinence de ces structures face à Internet puisque l’explosion de l’accès des ménages à Internet n’a pas signé la fin des bibliothèques.
60% de non-usagers sont des non-usagers actuels c'est-à-dire qui n’ont pas fréquenté de bibliothèque au cours des 12 derniers mois. Il faut les distinguer des non-usagers absolus, qui n’ont jamais fréquenté de bibliothèques. Cette catégorie est minoritaire. En effet, l’évolution globale des non-usagers est à la baisse : entre 1997 et 2016, leur nombre a connu une baisse de 10 % (malgré une hausse de 13% de la population française).

Cette progression montre que les bibliothèques s’adaptent à l’évolution des attentes et des besoins des publics. Elle intervient dans un contexte de création de bibliothèque sur la même période : un millier de nouveaux équipements ont été créés au cours de la dernière décennie.


La non-fréquentation antérieure : un phénomène majoritaire
La non-fréquentation des bibliothèques est rarement absolue : 21% des non-usagers récents n’ont fréquenté une bib qu’une ou deux fois dans leur vie ; cette part se rapproche des 16% de non-usagers actuels qui peuvent être considérés comme des non-usagers absolus. Au total, ceux-ci représentent 10% de la population française de 15 ans et +.
Ce phénomène est corrélé à un fort effet générationnel : à partir de 70 ans, on constate un fort décrochage. L’effet d’âge se combine à l’effet des catégories socio-professionnelles (CSP) : les non-usagers antérieurs sont en majorité des personnes âgées de 50 ans et + appartenant aux CSP les moins élevées.


L’importance des trajectoires de vie
La fréquentation d’une bib au cours d’une vie se fait de façon discontinue. Il est intéressant d’élaborer des trajectoires de vie pour déterminer quelles périodes de la vie sont les plus propices à la fréquentation des bibliothèques. Le dynamisme des bibliothèques se vérifie chez les publics jeunes avec un pic de fréquentation chez les 11-16 ans. La fréquentation augmente entre 25 et 49 ans (âge d’accompagnement des enfants) puis décroit ensuite chez les 50-59 ans à 5% puis à 3% chez les + de 60 ans, âge d’entrée à la retraite.


Les motifs de fréquentation antérieure
Le livre comme la principale raison invoquée pour la fréquentation de la bibliothèque. Elle est perçue comme une « porte d’accès à la culture » par 41% des répondants. En fonction de l'âge, d'autres motifs de fréquentation sont constatés : l’utilisation des services et matériels est le fait des moins de 35 ans et les expositions sont un vecteur d’attractivité pour les + de 65 ans.

Si les non-usagers n’utilisent pas la bibliothèque, ils ont cependant une conscience significative de son rôle et de son intérêt pour les autres et pour les générations futures. La bibliothèque est vue comme un lieu d’échanges et de rencontres, sa perception est positive.

L’intention de fréquentation
Les bibliothèques restent attractives pour leurs supports papier : est-ce une persistance de l’intérêt pour le livre ou une représentation incomplète des services offerts par une bibliothèque aujourd’hui ?
Les raisons expliquant la non-fréquentation sont diverses : manque de temps, préférence pour Internet. Pour 1/4 de ces usagers potentiels, ils estiment que les jours et heures d’ouverture sont incompatibles avec leur emploi du temps. Les difficultés d’accès et manque de diversité de l’offre sont peu évoquées.
C’est paradoxalement les non-usagers qui sont les plus convaincus de l’utilité des bibliothèques, non remise en question à l’heure d’Internet. Ce type de perception s’accroit fortement avec l’âge des répondants. Le non-usager considère que les bibliothèques sont utiles pour la population sur un territoire mais pas pour lui-même.
1/5e de la population de 15 ans et + (19%) montre un éloignement certain vis-à-vis des bibliothèques. Il est possible de mieux cerner les facteurs communs à des profils spécifiques : revenus modestes, rapport aux livres (plus qu’à la proximité géographique) et effet modeste de l’âge (taux d’éloignement est supérieur de 6 points chez les 15-24 ans par rapport au taux pour les + de 65 ans).


Conclusion
Les liens existants entre la bibliothèque et les non-usagers montrent finalement qu’il s’agit moins d’une fracture que d’une relation complexe.

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